
D’origine française et vietnamienne, Thuy Aurélie est docteure en lettres, artiste de la parole et mère de deux jeunes enfants. Elle est professeure en psychosociologie des relations humaines à l’Université du Québec à Rimouski où elle enseigne notamment dans les programmes en art. Elle partage sa vie entre le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie.
Démarche
Je suis Thủy Aurélie-Tisseuse-de-Soie
Par mes mots
Je tisse des fils
Souples et élastiques
Qui relient les êtres ensemble
Et les sortent de l’isolement
Mes mots magiques
Alchimiques
Renouent les filiations rompues
Rétablissent les arbres généalogiques
Les liens d’amour blessés
À l’horizontale et à la verticale
Je mets du moelleux dans l’essieu
De l’humide dans l’aride
Je m’incline devant ma lignée
Je la fais exister par des mots
Qui dansent sur le papier
Extrait du Kasàlà de Thuy Aurélie-la-Tisseuse-de-Soie
Passionnée par tout ce qui touche à la migration, l’exil, la filiation et la transmission, j’explore particulièrement la transmission filiale en contexte d’exil et de post-exil à travers l’écriture, la parole et la rencontre.
Je pratique l’art du kasàlà contemporain, un poème de célébration originaire d’Afrique subsaharienne, qui m’a été transmis par le professeur d’origine congolaise Jean Kabuta. Ce poème-récit inscrit la personne dans sa lignée, son histoire, son territoire et ses relations, révélant ainsi sa noblesse et son mystère. Il invite à la gratitude et l’émerveillement devant le Vivant et les liens, visibles et invisibles, qui nous relient. Je transmets cet art poétique à la dimension rituelle, en organisant des soirées qui rassemblent les femmes et les artistes issu·es de la diversité.
J’ai notamment mis en place le projet « Nos lignées de femmes » dans la Baie des Chaleurs, en partenariat avec les centres de femmes Femmes en mouvement à Bonaventure et Centr’Elles à Saint-Omer, pour célébrer les lignées dont nous sommes issues. Le projet s’est clôturé par des lectures publiques de kasàlà devant la communauté, un site Web (Nos lignées de femmes) et une exposition à la galerie d’art de l’UQAR.
J’ai participé aussi à la performance « La danse du caribou » du metteur en scène Francis Richard (Théâtre de la Petite Marée), en écrivant et récitant le kasàlà du caribou avec 120 élèves de l’école primaire de New Richmond, plusieurs artistes et une marionnette géante de caribou, au sommet du Mont Ernest-Laforce dans le parc de la Gaspésie.
Que ce soit en Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent ou à Montréal, je cherche à faire entendre les voix des femmes qu’on n’entend pas, à tisser des liens entre les communautés, à créer des espaces de dialogue qui rassemblent, élèvent et placent le sacré au cœur de la rencontre.









